Quels furent les premiers pionniers?



On a beau chercher des documents sur l'arrivée des premiers pionniers jusqu'ici on n'en trouve pas. Il y en a peut-être au Ministère des Terres er Forêts où on a tenu compte des lots cédés. On a beau interroger ceux qui, il y a très longtemps, ont été jeunes, ils nous répondent qu'à leur arrivée certaines familles vivaient au "Cordon", c'est-à-dire près des terres actuelles de M. Gaston Dagenais.


Quelques familles, bien connues encore aujourd'hui, ont ouvert la région. Est-ce à la suite d'un développement prévu par les gouvernements? ou par l'arrivée du chemin de fer jusqu'à Labelle?


Cyrille Garnier demeure à Montréal, rue Fabre. C'est un membre très actif de la Société Saint-Vincent-de-Paul.


Dans Montréal, trop de pauvres vivent misérablement sans Secours Direct, sans Allocations familiales, sans Pensions de Vieillesse. Le Bien-Etre Social ne semble pas exister. Il faut à tout prix sortir la pauvreté de cette misère.


En 1892, Cyrille Garnier s'aventure jusqu'à Vendée où certaines terres pourraient être défrichées. Cyrille Garnier! C'est un chef! Un homme influent! Son dévouement le pousse à organiser un peu la vie dans la région. Pas étonnant qu'en 1908, la Mission ait porté le nom de Garnier.


Garnier est veuf. Il a un fils, Frédéric, et une fille , maria, mariée à Nazaire Goyette. (C'est ainsi que Georges Goyette, du lac des Sucreries, et Raoul Goyette, du Lac Windigo, sont alliés aux Garnier). Cyrille Garnier épouse Madame Veuve Philippe Moreau qui a déjà quelques enfants : Palmas, Rita, Philippe, Claire et Aldoma. Du mariage de Cyrille et de la veuve Moreau (née Alexina Dumont) naissent Josaphat et Marguerite (cette dernière, aujourd'hui, veuve Roland Themens).



Quelques familles arrivent en même temps ou à peu près: les Marcil, les Dagenais, les Léonard, les Clément, les Miconce...


A la même époque, trois frères bûcherons, partis de Casselman, en "Antério" (comme on disait alors), s'établissent temporairement dans la région: à Saint-Jovite, les pères Jean-Baptiste et Joseph Nantel; à Labelle, le plus jeune, le père Godefroy Nantel. Ce dernier, c'est notre homme du début, plein d'esprit et farceur à ses heures.


Les Nantel ont de la parenté à Lac Windigo: des Paquette. Elphise Paquette, en effet, est l'épouse du père Jos Nantel. Elle est décédée à l'age de 95 ans et quelques mois.

Et vous, ses descendants, auriez-vous oublié la vie active de cette grand-maman? "La vie se maintient par l'action et tend à l'action... c'est un souvenir qui me revient. Je n'en cherche pas la référence... Et que pensez-vous du père Félix Millette mort à 100 ans?


Le "vieux père Baptiste"(on faisait une distinction entre le vieux père et son fils "le grand Baptiste") s'établit dons dans la montagne entre le lac Rond et le lac des Sucreries, sur l'emplacement de la maison actuelle de la famille Gérard Millette.


Le père Jos, lui, choisit un site le long de la crique qui descend du Lac des Sucreries. C'est là que, plus tard, son fils Emmanuel construisit une scierie actionnée par le courant de la crique. Longtemps on parlera du "Moulin d'Emmanuel". Emmanuel avait épousé Aimée Thomas. De nos jours, ce moulin est devenu celui d'Aurèle Nantel, fils d'Emmanuel.


Enfin, le plus jeune des trois Nantel, le père Godefroy, opte pour un emplacement sur le bord du lac Rond, que certaines cartes topographiques identifient comme le lac Jeffrey. Une trentaine d'années plus tard, quand on ouvrira une desserte au Lac des Plages, elle sera connue sous le nom de Saint-André du lac Rond, donc, pas de confusion avec notre Lac Rond du père Godefroy!


Les Familles Millette, originaires de Limoges, en Ontario, arrivent quelques années plus tard. Madame Emile Millette, Alexina, fille de Jean-Baptiste Nantel, nous dit qu'elle est arrivée en 1903, à l'âge de 14 ans. En 1908, sur l'invitation du colon Joseph Parent, Emile Millette vient travailler à Lac Windigo. Il a 16 ans. En 1912, il épouse Alexina Nantel. Il habite d'abord une maison " en bas de la côte" de Jean-Baptiste Nantel. Plus tard, il déménage dans la maison de son beau-père.



Comme tous les colons de l'époque, Emile cultive sa terre et bûche dans les bois. Un temps, il devient gardien du Club de Chasse et Pêche Addington, dont le camp principal est situé au Lac La Carpe. Il guide des chasseurs au Lac La Peau, au Lac Allons-y, etc.. Dans les années 1920, la compagnie Singer l'emploie comme gardien afin d'empêcher les "trepasser" (personne qui empiète sur la propriété d'autrui) en hiver, pour protéger la coupe de bois de la compagnie .. car on se méfie des intrus sans scrupule désireux de se couper du bois!



Vers les années 40, Emile construit de petits camps sur le bord du lac des Sucreries qu'il loue à des "sports" l'été. Déjà, des Rocheleau, Edgar et Donat, ont bâti un camp sur un terrain obtenu du Gouvernement.Les Rocheleau, de Montréal, avec leurs parents et amis, ont formé une agglomération qui ressemble à un hameau. son tour, Emile, vend un terrain à M. J. Omer Roy, juste à la décharge du lac. Jetez un coup d'oeil sur la grosse horloge de l'église: vous verrez le nom de notre Monsieur Roy.



Emile sent que le temps est arrivé d'ouvrir le lac au tourisme. Il y construit une petite auberge et ouvre un commerce d'articles de première nécessité pour dépanner "le monde alentour".



Invité pae Emile, son frère Jos, arrive lui aussi, de Limoges, l'année suivante, et plante sa ferme près du lac Windigo. Un certain Jordan, propriétaire entre les lacs Windigo et Rond, annonce la vente de ses terrains. Déjà, un belge, Edouard Jassogne, élève des chèvres et des moutons sur la rive nord du lac Rond, à peu près sur l'emplacement actuel de feu le chanoine Charles-Edouard Toupin. Jos. Millette et ED. Jassogne achètent chacun la moitié des terrains de Jordan. La ferme (au moins en partie, sauf erreur) de Jos. Millette est aujourd'hui propriété de Me Gérard Boyer.



Un indien, Simon Miconce (les registres le présentent sous le nom de McConce, Méconse) que les voisins appellent Maconce, marié à une Therrien de Saint-Jovite, aurait été, lui aussi, parmi les premiers colons. Cet indien paraissait assez original, du moins au jugement des étrangers. Etabli au lac Cameron, à peu près à l'entrée actuelle de la route qui conduit au Camp Jean-Jeunes, il défriche un petit lopin de terre. Mais Simon est surtout un trappeur. Il connait les secrets de chasse et l'instinct des animaux de la forêt. Un petit lac, au nord-est du lac des Sucreries, porte son nom: le lac "à Maconce".



Voyez Eugène Boyer qui part un jour en canot avec l'indien... Le lac Cameron traversé, du sud au nord-est, ils s'engagent dans la baie du lac des Ecorcs, puis dans le portage. Avant de gravir la côte, Simon se tourne vers Eugène: "Toé, fumer!" Rendu au sommet, il s'adresse de nouveau à Eugène: "Toé, pas fumer!".... C'est qu'ils s'approchaient du lac Des Ecorces et le vent aurait pu les trahir.



Entendez encore notre Simon à la Villa Pia ... Dans la chaleur de la conversation, quelqu'un lance inconsidérément: "Le bon Dieu, c'est pas un sauvage!" (Trop parler nuit comme trop gratter cuit, dit un vieux diction). Simon de rétorquer: "C'est pas un canayen, non plus!"



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