Des missionnaires jésuites ont parcouru nos régions. Sont-ils venus à Vendée? Plus au nord, près de Maniwaki, les Oblats de Marie-Immaculée ont missionné dans cette partie du diocèse. D'après M. Raoul Duchesneau, une des premières messes à Vendée aurait été célébrée sur une petite colline près de la maison des Marcil, devenue ensuite celle des Duchesneau.
Irène, la fille d'Elie Marcil, épousa Raoul Duchesneau, originaire de Saint-Emile-de Suffolk, et Jeannine, fille de Raoul s'unit à Marcel Pelletier. Raoul était un sportif, habile au hockey. Il était barbier à ses heures. Il devenait bedeau sur semaine et "placier" le dimanche, à l'église. Monsieur Duchesneau demeure encore en face de l'église.
Quoique proche de la quatre-vingtaine , il tond toujours le gazon et donne quelques coups de pelle dans la cours tôt le matin, droit comme une flèche, il arpente le trottoir, Bozo, son petit chien, à ses trousses. Il fume sa pipe en scrutant l'horizon et en admirant la belle nature, A l'occasion, il ramasse quelques bouts de papier, tant il tient à la propreté. Sa pipe le précède presque toujours. Suivez la direction de ses bouffées de fumée et vous savez où se porte le vent. D'assez haute taille, le visage rougeaud et souriant, il offre une figure aimable. Quand une voiture passe près de lui, qu'il en reconnaisse les voyageurs ou non, il salue d'un beau geste. Un homme poli. Il vous parle parfois des vieux comme s'ils appartenaient à une classe dépassée depuis longtemps.
En 1917, pendant la première guerre mondiale, la grande guerre! Le Gouvernement Fédéral décrète la conscription. Les jeunes canadiens doivent être fiers d'aller défendre la mère-patrie, cette "doulce" France, et la belle-mère, l'Angleterre, ce coeur du majestueux empire britannique! La police militaire circule partout. On la voit arrêter les jeunes sur la rue : "Montrez vos papiers!" - "Je n'en ai pas". -"La caserne!" Les jeunes dans la vingtaine n'osent plus sortir. Ils se cachent.
Gaudias rentre chez-lui comme un ouragan: "La mère, vite! il faut déménager! Prépare tout, habille la petite (Yvonne), ramasse tout ce que tu peux on s'en va au Windigo, graisse! .... Y vont m'arrêter!"...
Savez-vous que dans les îles du lac des Sucreries, l'île Porter, l'île aux Sleighs... etc.., des jeunes de Montréal s'y cachent? Des colons les approvisionnent régulièrement tout en surveillant la région comme des sentinelles. Gare à toute police naive qui s'aventuerait dans ces lieux inhospitaliers! La maladresse d'un novice en balistique pourrait faire sauter... une branche voisine!
On retrouve donc la famille Gaudias Côté installée, elle aussi, près du "cordon". Des années plus tard, ils s'établieront en plein village.
De Meslé, c'est le nom d'un français qui a défriché un lopin de terre. D'après Josaphat Garnier, c'était un ancien comte. Il habitait une très belle maison autour de laquelle poussaient la rhubarbe, les fraises, les asperges... Et il élevait des chèvres. Une lettre du 2 octobre 1035, nous apprend qu'il fait partie d'une compagnie d'instruments d'optiques.
Les eaux du lac De Meslé se déchargent dans le lac Long qui, à son tour, se jette dans la crique "à Vigaud". Je n'ai pas vérifié, mais il semble que les lots de De Meslé et Vigaud sont devenus la propriété de M. Guy Joron, actuel ministre de l'Énergie dans le gouvernement provincial.
G. Vigaud?...D'après les archives de la Commission Scolaire, des lettres montrent qu'il est marchand de bouteilles de toutes sortes. Son neveu, un certain Lauzon, a demeuré, lui aussi, sur la propriété de Vigaud, au lac Rognon, Vigaud a établi une petite scierie sur la crique qui porte son nom. La scierie fonctionnait seulement quand le courant d'eau était assez puissant.
En 1924 et plusieurs années après, le chemin qui conduit au lac Cameron passait dans la crique même... pas sur un pont: il n'y en avait pas! On descendait dans la crique, on sautait d'une pierre à l'autre, l'été et la crique traversée, on montait la côte de l'autre côté.
VOus connaissez le père Émile Dagenais? Il est arrivé au lac Windigo avec son père (le père Maxime) vers 1904, venant de Pont-Viau. Peut-être Maxime était-il venu un peu plus tôt? Dans sa quatre-vingtaine, Émile Dagenais s'occupe un peu partout, bûchant du bois, nettoyant des chemins... etc. Pendant quelques années, veuf, il demeure au presbytère comme gardien, alors qu'il n'y a pas de curé résident.
Plusieurs de ses enfants ont fait leur marque dans la région: Gaston. époux de Carmen Turcotte, garde-forestier diplômé, s'entend très bien dans la construction et la menuiserie; Benoit, qui a épousé Cécile Lindsay, presque toujours sur la grosse machinerie, la "pépine" ou la pelle à charger, quand il ne transporte pas de la terre ou du gravier pour les besoins de la voirie ou pour quelque particulier. Sa maison est à cheval sur la division de Vendée et de la municipalité de Lac-des-Plages. Le dernier paroissien au sud. Un autre Paul-Émile, époux de Rachel Délisle, a quitté Vendée tout en gardant une résidence pour l'été. Le fils de ce dernier, Michel, recevait l'ordination sacerdotale en décembre 1975, à Verdun.
En feuilletant le régistre paroissial, on lit plusieurs noms de pionniers dont les descendants ont émigré: des Carrière, qui vivaient au "Cordon"; les Duquette sur les bords du lac Rond; le père Alexandre Beaulieu qui n'a jamais manqué une journée de travail dans la construction de l'église actuelle en 1930; des Joannette, des Boisclair, des Brière; deux secrétaires de la Commission Scolaire de Vendée: G. Jolivet (1904) et Ed. Jassogne. Où sont les familles de Trefflé, de Sigefroid, et de Norbert Racicot? Des fils de Norbert, nous trouvons, dans le village, Hippolyte; ses frères, Hormisdas et Raoul y viennent comme villégiateurs. Ronald Racicot, époux de Gabrielle Nantel, cousin des précédents est arrivé ici en 1947. Gabrielle est la fille d'Alfred et d'Adéla Nantel.
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