L'Industrie

Au début, l'agriculture. Il faut manger! Le cultivateur fait moudre son grain à Saint-Jovite ou ailleurs. L'industrie du bois commence en même temps.

Emmanuel Nantel construit une petite scierie hydrolique dans la décharge du lac des Sucreries. Son fils Aurèle réouvre plus tard cette scierie, mais cette fois, en utilisant un moteur diesel.Aurèle possède une longue expérience dans l'industrie du bois. Malheureusement, les autorités ne lui concèdent pas de lots à couper.On lui répond qu'il faut d'abord alimenter les grandes scieries de la rivière Ottawa.

A force de pressions auprès du Gouvernement, il obtient une petite concession non loin de son moulin. A peine a-t-il examiné cette concessionqu'il la considère non tentable: en effet elle ne lui accorde que la coupe du peuplier et du cèdre, éparpillés ici et là! Les routes à ouvrir pour le transport du bois coûteraient les yeux de la tête. Aurèle remet sa concession. Pendant ce temps, les grandes compagnies font couper le bois de notre région. Chose étonnante, chque fois qu'Aurèle propose la concession de tel lot de la forêt, peu après, de gros entrepreneurs "bûchent le bois sur ce lot"!

Un petit industriel n'offre pas une grande puissance. Pour peu qu'il veuille s'aventurer dans la lutte contre les gros, pensez-vous qu'il obtiendra gain de cause? Le fabuliste Lafontaine a écrit, il a près de 300 ans: "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" (tiré des Animaux malades de la peste). Tant il est vrai que l'homme d'aujourd'hui ressemble à celui des siècles passés!

"Le curé Labelle, sous-ministre, fut loin de faire pour ses colonies tout ce qu'il aurait voulu. Les marchands de bois n'entendaient pas se laisser enlever leurs privilèges et ils étaient puissants... Depuis 1874, notre législation penchait du côté des marchands de bois".

Pour les résidants de Vendée, l'industrie du bois occupe peu de place. Seuls quelques ouvriers y trouvent un peu d'emploi dan la forêt avec des contracteurs au service des grandes compagnies.

Les Labonté ont opéré une scierie qui fonctionnait à la vapeur. Le long de la Maskinongé. Par la suite, elle est devenue la propriété des Dansereau. Ces scieries ont fermé leurs portes. Aujourd'hui les bâtisses se dressent comme des fantômes à la tête rougie par la rouille M. Hippolyte Carrière y a travaillé comme cuisinier et Charles-Aimé Côté, comme manoeuvre à $0.70 de l'heure, lui qui était bon cuisinier et charpentier "qui avait sa carte de compétence".

Le Reboisement

Depuis quelques années, le Gouvernement invite les propriétaires à reboiser. On a vu un Alfred Nantel transplanter 80,000 plantes de pin rouge, et un Albert Millette, 56,000. Des pins rouges, plantés il y a une dizaine d'années sur la terre des Giansante, s'élèvent à plus de 10 pieds, et une compagnie a acheté une partie de cette plantation. On prend des mesures contre les épidémies et les maladies des arbres: la tordeuse de l'épinette, les mites, les pucerons de bouleau, du cèdre (thuya). Cherchez le long de nos routes les grands ormes vivants. Vous ne verrez plus que des cadavres desséchés, les immenses bras levés vers le ciel comme s'ils imploraient du secours que les humains sont impuissants à porter à leurs descendants.

L'Environnement propose une variété d'insecticides ou de remèdes contre les maladies de la forêt. "Savoir user, ne pas en abuser!" dit un vieil axiome. Ils nuiront aux oiseaux, aux poissons de nos eaux. Les techniques de l'homme progressent, les inventions se multiplient. Souvent la nature se déséquilibre et demande vengeance... Et les maladies chez l'homme?

Assez! Notre charmant paysage va s'enlaidir! "Chantons des choses un peu plus relevées, plus gaies", disait le poète latin du passé.

Mécanique

Quand on demeure loin des garagesil faut se faire mécanicien, mécanicien dans toutes espèces de machines. Heureusement, ici, M. Jacques Nantel est propriétaire d'un atelier de mécanique générale. Certains jours achalandés, des voitures. des motoneiges, des camions boudent en attendant leur tour. Dans les gros froids d'hiver, Jacques, ou les Garnier, vont réveiller les voitures endormies par le froid. L'été, le paysage change: motocyclettes, tondeuses, hors-bord "ont besoin du docteur"! Parfois, Jacques en a par-dessus la tête: "Monsieur, je ne suis pas équipé comme un cordonnier pour coudre les courroies de vos attelages"!

Le commerce

A mesure qu'une agglomération se forme, un magasin surgit. Cyrille Garnier aurait ouvert le premier magasin. Dès 1904, il vend des articles à la Fabrique; en 1907, à l'Association Villa Pia. Avant 1930, il y avait au moins trois magasins: C. Garnier, Jos. ou Gaudias Côté et Elie Marcil. En 1946, il y en a cinq dans le village et un autre au lac des Sucreries.

En 1954, le magasin de Gaudias Côté passe aux mains de son fils Charles-Aimé et de sa bru (née Marie-Irène Gemme, la fille d'Alfred, le petit espion de jadis!). On y vend des produits d'alimentation et des articles de première nécessité ou d'utilité courante. Charles-Aimé travaille à l'extérieur. Son épouse vaque aux affaires du magasin tout en élevant les enfants. Tâche ingrate: répondre aux clients pendant qu'un bébé pleure à l'étage! Cetaines semaines tranquilles, on vendait une ou deux bouteilles d'eau gazeuse et quelques menus articles. Et l'essence des pompes s'évaporait! C'est trop. Fermons le magasin!

Le magasin des Garnier, de nos jours, est tenu par Madame Agathe Labranche (épouse de Josaphat, le garde-chasse) et par son fils Maurice: produits d'alimentation, objets d'utilité courante, ferronnerie et matériaux de construction.

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