Mariés entre cousins?

Très peu de vieilles familles ont contracté des mariages entre cousins germains. Le registre paroissial nous révèle qu'en l'espace de 70 ans, seulement 8 mariages ont été ainsi contractés. "C'est peu", nous dit un curé de la ville.

Plusieurs semblent parents, oui! mais la cause en est à une famille du début, celle des Dumont.

L'ancêtre Jos. Dumont repose dans notre cimetière. Une pierre tombale, la seule debout depuis la fondation de la Mission nous rappelle son décès en 1906.Les Dumont furent parmis les premiers pionniers.La plus jeune des filles, Blanche Caroline décédait en 1976. Elle nous a déjà dit être née à Tupper Lake et venue ici en 1900.

Jos. Dumont avait au moins deux fils: Ernest et Charles. Ernest s'est uni à Marie-Louise Nantel, fille de Godefroy. Outre ces garçons, la famille comptait huit filles. Deux ont quitté le pays pour entrer dans un monastère, à Laveur, en France: Emma (Soeur Marie-Raymond) et Césonia (Soeur Marie-Gertrude). Les autres filles ont épousé des jeunes hommes de la région. On a déjà lu que Mathilda était l'épouse de Jos. Côté. Lydia devenait Madame Élie Marcil; Alexina, épouse de Philippe Moreau puis de Cyrille Garnier en seconde noce; Anna, Madame Emmanuel Joanette; enfin, Élizabeth, surnommée Lizzy, épousait Gaudias McCann. Ce dernier se nommait plutôt McKinnon.

Toutes ces familles deviennent donc alliées par les Dumont: les Nantel, les Charette (par Charles Dumont), les Lafond, les Côté, les Marcil, les Moreau, les Garnier. les Joanette et les McCann.

On peut s'arrêter aussi sur un autre nom, celui de Ferréol Lavigne: Aristide, fils du précédent, époux de Claire Forgues, auprès de qui a grandi Maurice Forgues; Euclide, de Marcel Lambert; Rhéa, d'Albert Millette; Noëlla, d'Edgar Millette; Jeanne-D'Arc, de Richard Côté. Des enfants d'Émile Millette, il ne reste à Vendée que deux familles: celle de feu Gérard, qui avait épousé Clémence Therrien, et celle de Thomas marié à Jacqueline Tassé. Colette, la soeur de Jacqueline, est l'épouse d'Elzéar Millette, fils de Jos.

Parlant de Jos. Millette, les anciens aiment se rappeler les discussions politiques entre lui et Gaudias Côté. Deux bons voisins. L'un était rouge, l'autre, bleu! Imaginez un peu les scènes amusantes au temps des élections!

Pensez aussi aux Nantel: que d'unions contractées où ce nom apparait!

La mission du Lac Windigo

C'est en 1904 que l'autorité diocésaine fondait La Mission de Notre-Dame-Des-Anges du Lac Windigo. A cette époque, toute notre région relève de l'archevêque d'Ottawa, S. G. Mgr J. Thomas Duhamel.

Le 27 novembre 1904, le curé pilon bénit une chapelle de 26' de largeur, 31 'profondeuret 15' de hauteur. Cyrille Garnieret Philippe Millot font une offrande de $ 100.00 chacun et Mgr Duhamel un montant de $200.00.

C'est une chapelle construite en bois rond. Les noms suivants apparaissent comme des fournisseurs ou des ouvriers: G. Vigaud, Félix Duquette, Maxime Dagenais, Arquesse Maurice, ... etc. Le registre paroissial présente ce dernier sousles noms: Arquesse, Arcaisse et Archestre.

Bien plus, on le présente aussi sous le nom de Lafantaisie. La confusion disparait quand on lit: "Maurice, dit Lafantaisie". Plusieurs l'ont connu sous le nom de "Orchestre Lafantaisie"!... On ne dit pas qu'il fut musicien! On se rappelle beaucoup plus la dextérité de cet ouvrier à manier la hache: "Il varlopait sa coupe". Il pouvait construire une maison sans employer un seul clou: il se fabriquait des chevilles de bois.

Lorsque le curé Pilon bénit la chapelle, la quête s'élève à $13.00; montant insignifiant, observerait-on de nos jours.... mais très élevé alors. En effet, comparons avec un quête du 19 janvier 1969: $15.94. Pourtant la population en 1969 était plus nombreuse. Voici d'autres offrandes dominicales en 1905: 10 septembre: $2.28; 24 septembre: $1.44; 8 octobre: $2.38!!

Autres détails qui révolteraient certains syndicats: m. Jolivet reçoit $7.00 pour 7 jours d'ouvrage à $1.00 chacun; et Charles Dumont: 5 jours d'ouvrage, lui et son cheval: $8.75 ... Le 4 novembre 1905 (a-t-il été pluvieux ou enneigé?): une quête de $0.73!

Au curé Pilon, succède Omer Stanislas Lavergne, de la "Chute-aux-Bluets" (Brébeuf). Brébeuf est aussi connu sous le nom de "Coupalville".

Après une visite et des confirmations en 1905, Mgr Duhamel revient en 1908 et fait remarquer qu'il y a trop peu de paroissiens et qu'il n'a pas de prêtre disponible. En 1908, le curé Donat Guay de Brébeuf succède à Omer Lavigne jusqu'en 1915. Il se déplace par le chemin raccourci, en passant par la barrière rouge, à travers la forêt.

La mission du Lac Windigo

Le 6 août 1913, S. G. Mgr François-Xavier Brunet est élu évêque de Mont-Laurier, diocèse détaché de l'archi-diocèse d'Ottawa et suffrangant d'Ottawa. En 1917, ce diocèse compte 34,500 catholiques et 41 églises ou chapelles. En 1976, la population globale est de 68,108 répartie dans 58 paroisses et 4 dessertes.

A Mgr Brunet succède Mgr J.E. Limoges (1922-65), puis Mgr André Ouellette, eu évêque auxiliaire en 1956, administrateur apostolique en janvier 1963, évêque en titre le 27 mars 1965.

En 1915, la mission du Lac Windigo est confiée au curé H. A. Tremblay de Saint-Rémi-d'Amherst. Ce dernier construit le presbytère en 1919. Le curé Alphonse Béchard, qui lui succède, habite le presbytère neuf.,/h4/>

Un cure à vendre

Le 26 novembre 1923, l'abbé J. O. Palma Allard est nommé: curé de Vendée, de Saint-André-Du-Lac-Rond (lac-des-Plages) et de Duhamel! Dans sa lettre de nomination il n'est plus question de Mission du Lac Windigo. C'est Vendée.

Quelle tâche pour un curé! On nous a dit que de septembre à la fin de juin, un dimanche il visitait Lac-Des-Plages; le dimanche suivant c'était le tour de Duhamel d'où il revenait ppur son ministère à Vendée. Le curé voyageait alors en voiture tirée par des chevaux. Les mois d'été, le curé Allard profitait de la présence de l'abbé Charles Boyer résidant d'été au Lac Cameron. Parfois l'abbé Léon Verschelden remplissait, lui aussi, cette fonction. Plus tard, ce fut le tour de l'abbé Paul Lapointe.

Le curé Georges Mercier succède à l'abbé Allard en 1928. On compte alors quelques familles qui passent une partie de l'été au Lac Cameron: le docteur Jean-Baptiste Prince, l'abbé Charles Boyer, l'abbé Victor Geoffrion (il y fait de rares apparitions), M. Hormidas Lapointe, les abbés Joseph et Léon Verschelden et leur frère, le docteur Louis, les familles Gédéas Despaties, Ernest Plante et Georges Carrière.

Le curé vit frugalement. Les pauvres colons donnent ce qu'ils peuvent. Quand on n'a rien... Quand la mère de famille coud des culottes tirées des sacs de jute, ça veut tout dire. Madame Émile Nantel (Yvonne Desjardins) nous rappelait récemment, à une distribution de vêtements: "Si on avait eu ça quand on a élevé nos enfants... pensez donc!"

Le curé Joseph Verschelden disait un jour à l'abbé Georges Mercier: "Ecoute, Georges, il faut que tu viennes faire la visite de paroisse chez les villégiateurs. Ca t'aidera. Pas de raison de te gêner: "J'ai reçu plus dans ces visites que tout ce que mes paroissiens peuvent m'offrir en un an". En 1928, les quêtes de janvier s'élevaient à $ 1.80, 1.05, 1.10...etc.

Pour vivre, le curé travaille dans son église qu'il essaie d'améliorer; il soigne son potager, fend son bois de chauffage... Chauffer l'église, ça en prenait des longueurs d'érable ou de merisier! Plus tard, on verra un curé conduire un camion de bois. Les anciens aimaient à répéter: "Vivre d'abord, philosopher ensuite".

Le curé Mercier, en 1930-31, réussit quand même à reconstruire l'église. Josephat Garnier et son demi-frère Aldoma Moreau démolissent la vieille chapelle du dispensaire de Marguerite Garnier, l'infirmière.

Les curés suivants ont succédé à l'abbé Georges Mercier:

Florent Sylvestre 1932-1935

Simon L'Allier 1936-1941

Edouard Daoust 1941-1949

J. Albert Potvin 1949-1951

Vincent Laviolette 1951-1952

Omer Caplette 1953-1958

Armand Ouellette 1958-1961 (en même temps curé du Lac-des-Plages et y résidant)

Bernard Giraldeau 1961-1963

Armand Ouellette 1963-1967 (en même temps curé du Lac-des-Plages et y résidant)

François Poirier 1967

Edouard Gilbert 1967 à 1969: Vicaire dominical

Edouard Gilbert depuis 1969: vicaire économe à Vendée.

De nos jours, le BINGO est en vogue dans beaucoup de paroisses des villes. Pendant des années, les curés de Vendée ont usé de tous les moyens pour répondre aux besoins de l'église et du presbytère: soirées de cartes, euchères, séances de cinéma, bazars, kermesses. Le docteur J.-B. Prince présentait parfois des diapositives de ses excursions dans la région ou de ses voyages ailleurs. Avec M. Sénécal, une troupe locale présentait des pièces de théâtre au sous-sol de l'église. Il fallait de l'ingéniosité pour créer une scène de théâtre!

Au sujet des kermesses, l'été, on recourait à des stratagèmes peu banals: des cadeaux étaient vendus à l'enchère. Une coutume, établie depuis longtemps, exigeait que chaque jeune fille cuise un gâteau. Il revenait à chaque amant d'acheter le gâteau de sa dulcinée. Imaginez le plaisir que les jeunes hommes avaient à faire monter le prix du gâteau... Un certain Alexandre versa $25.00 pour l'achat du gâteau de sa future. Il n'était pas question alors de compter sur la loto pour se dédommager!

L'École

On a lu plus hautque mgr Duhamel reçoit un octroi du Gouvernement. Une Commission scolaire existe. Mais d'après M. Emile Millette, on manque de fonds pour embaucher une institutrice. Madame Honorius Nantel enseigne à l'école et c'est M. Milot qui lui verse un salaire. Plus tard, on construira une école à l'extrémité sud du terrain de la Fabrique (l'emplacement actuel de la propriété de M. Bernard Nantel).

En 1930, un autre école est construite sur le site de l'école actuelle: école plus vaste et terrain plus spacieux pour les jeux extérieurs.

L'école actuelle a été bâtie il y a environ 15 ans. Fermée après le regroupement des Commissions scolaires (1972), elle est devenue le siège du cercle communautaire de Vendée.

Au début, c'est donc la petite école de campagne où l'institutrice voit à tout: le chauffage, l'entretien, etc. Parfois certains élèves prêtent leur concours pour chauffer le poêle.

En lisant les reçus du secrétaire de la Commission, nos yeux s'écarquillent!... En 1929, "versé à Dorothée Carrière, institutrice, la somme de $ 325.00 pour l'année"....Il parait que c'était bine payé! Le 23 avril 1933, "la Commission scolaire de Lac Windigo doit à Aug. Dufresne pour réparage des bancs de l'école: 7 heures à 0.15: total $1.05". Ce Dufresne, le ferblantier qui a recouvert de tôle l'église actuelle, était le père de Gracia qui a épousé Jacques Côté. En 1954, Charles-Aimé Côté présente une facture à la Commission: "Une planche de 7 po. par 12 pi.: 0.70; 3 heures de travail: $2.40". Pensez-vous qu'on en gagnait de gros salaires! De 1929 à 1932 et les années suivantes, les secrétaires Ed Jassogne, Raoul Duchesneau et Augsute Dufresne touchent un salaire de $50.00 par année. En 1932, Albert Millette "fournit le bois de chauffage de l'école pour un an: $20.50".

Le dernier secrétaire de la Corporation Scolaire: M. Richard Labranche, de 1967 à 1972.

Voici quelques noms d'institutrices de 1929 à 1933: Dorothée Carrière, Flore Thomas, Raphaëlla Duquette. De 1941 à 1943, Jeanne Daoust, soeur du curé Edouard Daoust, enseigne à son tour. Elle est jeune et quelques-uns de ses élèves sont plus grands qu'elle!

En 1953, Madame Georges Boyer (Marie-Jeanne Paquette), diplômée de l'École Normale de Saint-Jérôme et des Sciences Sociales de l'Université de Montréal, accepte un emploi temporaire. L'école doit ouvrir, mais on n'a pas trouvé d'institutrice . L'octroi prévu du Gouvernement exige la présence d'une institutruce. Madame Boyer se dévoue à cette cause. Salaire: $7.22 par jour.

En 1958-1959, on fait l'école au Moulin des Dansereau, puis au presbytère. La petite école de 1930 ne répond plus aux besoins. On en construit une plus spacieuse, mieux éclairée. Madame Yvette Sigouin-Millette y enseigne.

Depuis 1956, on peut retenir les noms des institutrices suivantes: Emilienne Leblanc-Tessier, Paule-Andrée Dionne, Huguette Millette, Jeannine Carrière- Dagenais, Mme Lionel Desjardins, Rollande Lalonde, Lise Dionne-Maurice et Lise Lavigne-Garnier.

L'Enseignement élémentaire

Quel enseignement notre école donne-t-elle? Jusqu'à la septième année inclusivement.

Enseignement satisfaisant?... Si une Lise et une Suzette Lavigne, une Nicole Côté, une Marcelle Côté et d'autres ont réussi à entrer à l'École Normale de Saint-André-Avellin ou à l'Institut Familial de Nominingue; si un Jean-Marc Carrière a pu devenir principal d'école à Saint-Jovite; si un Michel Dagenais et un Jacques Legault sont devenus prêtres... on peut croire et conclure que leurs études élémentaires les y avaient préparés au moins à la base.

Le programme de l'enseignement est celui du Ministère de l'Instruction Publique. L'élémentaire terminé, l'élève recevait son diplôme.

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